de Saint-Hippolyte du Fort ... et du monde
Fontaines cigaloises

Fontaines / Chroniques d’une pause active

Trois mois de découvertes autour de l'eau.

La Gazette étant en pause pendant trois mois, j’en ai profité pour lever un peu le pied.

Visiblement, les signataires de la consultation en ligne aussi, puisque nous stagnons depuis trois mois juste au-dessus des 21 000 soutiens. Ce qui, bien sûr, reste plus qu’honorable.

L’idée de classer nos fontaines publiques est elle aussi en veille. Nous comprenons bien que l’objectif n’est pas d’obtenir un classement pour ensuite se heurter à des complications administratives avec les Architectes des Bâtiments de France (ABF), censés préserver notre patrimoine. Il ne s’agirait pas de tomber dans une partie de chaise musicale avec des agents changeant d’avis, injoignables, voire ayant égaré leur dossier.

C’est pourquoi nous envisageons désormais d’écrire directement au ministère de la Culture, avec l’espoir, même mince, d’instaurer un véritable dialogue plutôt qu’une relation jusqu’ici trop souvent toxique.

Le 8 mars, j’ai eu l’occasion de donner une conférence sur l’eau à Saint-Hippolyte-du-Fort, qui a rencontré un vif intérêt auprès du public. Ce moment d’échange aurait pu être une belle opportunité pour renforcer le dialogue avec la municipalité, dont la position, pour l’instant, reste inchangée.

Côté recensement, nous avons légèrement progressé et identifié près de 110 fontaines ou ouvrages assimilables. Mieux comprendre leur fonctionnement une fois alimentées nous a conduits à étudier des principes comme l’autorégulation. Quant au réseau d’adduction des fontaines de la ville basse, nous pensons désormais qu’il est bien moins complexe qu’imaginé, fonctionnant essentiellement par gravité et selon le principe des vases communicants.

Par ailleurs, nous avons retrouvé d’anciennes photos de la fontaine de Mandiargues, à l’époque où elle était surmontée d’un gland, ainsi qu’une autre montrant une borne-fontaine plus ancienne que celle aujourd’hui visible à Planque.

Nous avons également étudié l’assemblage de la fontaine publique de Croix-Haute et, de manière plus générale, mieux compris les paramètres ayant guidé la disposition des becquets et des registres d’égoutiers.

Nous nous sommes aussi intéressés aux méthodes de calcul d’antan permettant d’établir les altitudes nécessaires aux passages en siphon, comme entre Espaze et le réservoir du CROP.

Côté santé publique, nous avons exploré les techniques de filtration de l’eau au Moyen Âge et l’évolution des systèmes immunitaires face à ces pratiques. Dans la même veine, nous nous sommes penchés sur la composition de l’eau et ses vertus thérapeutiques.

L’eau ayant cette double propriété de se frayer un chemin tout en modifiant son environnement, nous avons également étudié les phénomènes de concrétions.

Puisque l’Homme n’est pas le seul concerné par l’eau, nous avons commencé à nous intéresser aux travaux de Jean-Louis Teyssié (Saint-Jean-du-Gard) sur les organismes millénaires vivant dans l’eau, qu’il surnomme les “architectes des rivières”.

En parallèle, nous avons étudié la situation des écrevisses et des libellules, toutes deux menacées d’extinction, notamment à cause des restrictions d’eau estivales imposées par la branche Police de l’eau de l’Office français de la Biodiversité (OFB).

Rassurez-vous, nous reviendrons sur chacun de ces sujets plus en détail dans de futurs articles.
À très bientôt !

Crédits photographiques :
Sakkmesterke/AlamyFontaines cigaloises

Jeroen van der Goot 18 mars 2025

(A suivre)

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