2026 : de belles surprises sur fond de Pic St-Loup.
Cette année encore, voilà un Festival qui porte bien son nom : il y avait du jazz … et du Pic St-Loup*.
Venue pour voir enfin en chair et en os Airelle Besson le samedi soir, la soirée de vendredi a réservé de jolies surprises.
En préambule, les Poets of Forest : Arnaud Dolmen, le batteur antillais et ses deux complices, Michel Alibo – co-fondateur du groupe Sixun- et Jowee Omicil, saxophoniste inspiré. Un voyage musical évoquant les mystères de la nature avec pour toile de fond le Pic St-Loup et une végétation luxuriante, ça ne pouvait pas mieux tomber. Une profonde sensiblité qui s’est exprimée ce soir là.
Pour le deuxième groupe de la soirée, changement radical d’ambiance. Vigoureuse musique funky en honneur de Stevie Wonder – ce qui a fait fuir quelques puristes aigris. Tant pis poux eux. Fabrice Martinez à la trompette, sautillant et volubile, était entouré d’une équipe de choc avec une section rythmique bétonnée et un guitariste solo totalement électrisé. Plus une bien belle surprise en la personne de la claviériste de talent Bettina Kee. L’esprit Wonder a fonctionné à merveille avec cet hommage « Stev’in his mind ».
Samedi 6 juin, la voilà ! Ou plutôt pas … un retard imprévu d’Airelle Besson a forcé le talent d’orateur de Stéphane Pessina, président de Jazz à Junas, non sans humour d’ailleurs.
Enfin un gros nounours entre en scène, accordéon sur le ventre, suivi d’une fine jeune femme, trompette à la main. Ces deux-là on comprend tout de suite ce que « faire de la musique » veut dire ! Une complicité de chaque instant et une osmose intense au service de la virtuosité instrumentale des deux partenaires.
Dès les premières notes on réalise d’emblée qu’Airelle Besson fait ce qu’elle veut avec sa trompette. Un style personnel très percussif, du groove sensuel aux cascades de notes enchainées à toute vitesse. Et avec le sourire, comme si c’était facile !
Lionel Suarez fait preuve d’une délicatesse incroyable à l’accordéon mais aussi d’une rythmique élégante et précise. Tout a déjà été dit sur ce duo magique qui se connait depuis 20 ans mais vient d’enregistrer son premier CD. Standing ovation.
Les têtes d’affiche du Festival ont clôturé la soirée. Tout le monde attendait Emile Parisien et Yaron Herman en quartet. Ils sont venus. Alors oui, ce sont des musiciens virtuoses, à la carrière internationale, oui Emile Parisien se joue d’un saxophone soprano créatif et impertinent, oui, on ne tarit pas d’éloges sur Yaron Herman. Oui, mais la mayonnaise n’a pas pris ce soir là. Est-ce que le duo Suarez/Besson avait mis la barre trop haut ? Je suis restée sur ma faim.
Le contrebassiste était irréprochable, à tel point que je l’ai surnommé in petto l’IA. Une technique sans faille au détriment du feeling ?
Je garde tout de même le meilleur pour la fin, le percussionniste indien Prahbhu Edouard. Assis en tailleur, il fait des pieds et des mains sur une multitude de petits instruments de percussions insolites dans l’esprit raga, où il excelle. Sa présence fine et cadencée a soutenu (sauvé ?) le professionnalisme limite hautain de ses partenaires pendant toute la durée du concert.
Qu’il en soit remercié ! J’avais d’ailleurs eu la chance de le voir jouer sur la scène Jazz fusion à Essaouira au Maroc et je l’ai retrouvé avec grand plaisir.
Difficile de conclure sans souligner l’excellence de l’organisation du Festival Jazz en Pic St-Loup ainsi que la présence efficiente des 70 bénévoles … sans qui rien ne serait.
A la prochaine édition. Avec encore plus de musiciennes si possible !
Muriel Maire 7 juin 2026
Photos Hugo Snellen
*Pour les amateurs, le Pic St-Loup est aussi un vignoble réputé
