de Saint-Hippolyte du Fort et d'ailleurs
Le quartier de Croix-Haute
Fragment de tugulae

Aux origines de St-Hippolyte 

Comme en atteste un dolmen de Rascassau (1), les origines de St-Hippolyte du Fort remontent à la nuit des temps.

L’agglomération actuelle existe probablement depuis le 13 voire 14ème siècle. Auparavant, la population était installée au Puèch de Mar, à l’abri du vent et des pillards. Cet éperon rocheux constitue aussi un point hautement stratégique depuis lequel contrôler la Voie des Rutènes(2) et la plaine dite de Pompignan, qui mène à la méditerranée.

Au néolithique et à l’âge de bronze, l’occupation humaine du Haut-Vidourle est dispersée, avec un habitat temporaire : un nomadisme vraisemblablement lié aux nécessités du pâturage des troupeaux. Les principaux indices en sont des traces mortuaires retrouvées dans des grottes qui parsèment les contreforts cévenols de la région.

C’est seulement durant l’Antiquité que se développe des structures d’habitat dans la plaine, bien à l’écart du Vidourle. Elles se concentrent alors en bordure de collines.

Des prospections archéologiques menées en 2010 ont mis en évidence, au Puèch de Mar, l’existence d’une villa romaine. Autrement dit, un établissement agricole, d’environ 3 000 m². La présence de cette installation n’est aujourd’hui matérialisée que par la présence de fragments de tegulae (3) et de rares fragments de vaisselle en céramique.

La peur des affrontements entre Francs et Wisigoths, fait qu’on se regroupe progressivement sous forme de bourgs et de villes. Les Wisigoths occupent alors le Languedoc, qui s’appelait alors la Septimanie. Au 8ème siècle, c’est au tour des Sarrazins d’envahir la région.

C’est probablement vers le 12ème siècle que s’est constitué au Puèch de Mar un minuscule hameau, à l’écart des routes et à proximité d’un château fort. Du fait de ses dimensions, le château de Roquefourcade offrait une possibilité d’abri au villageois, en cas d’attaque. C’était un édifice d’une centaine de mètre de long par une quarantaine de large – soit presque la taille d’un stade de football.

Avec le temps, la population va lentement redescendre dans la vallée, en commençant par s’installer à l’Église, puis jusqu’à Mandiargues. L’Église tient son nom de la chapelle (4) qu’on y édifia et qu’on mit sous la protection du saint Hippolyte. C’est donc un peu fort d’avoir rebaptisé l’endroit en tant que faubourg de Saint-Hippolyte.

A cette époque, la société féodale a remplacé le pouvoir central. L’ensemble appartient alors à la seigneurie de Sauve-Anduze.

  1. Dolmen de Rascassau, aussi appelé dolmen de Rascassols ou, encore, dolmen de la Galaberte.
  2. La voie des Rutènes raccordait Nemausus (Nîmes) à Condatomagos (Millau)
  3. Tegulae : tuile plate, faite ordinairement d’argile cuite, servant à couvrir les toits.
  4. La chapelle n’existe plus

Cet article correspond essentiellement à des propos de Frédéric Bertho, guide touristique et passeur d’Histoire (contact)

Jeroen van der Goot décembre 2023

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