1934 - 1996.
On se souvient de lui comme d’un astronome et d’un vulgarisateur hors pair.
Mais on oublie trop vite qu’il fut aussi un poète, à la manière d’un Saint-Exupéry ou d’un Barjavel : un homme qui savait transformer la science en méditation sur la fragilité humaine.
La phrase qu’on lui attribue – « Chaque étoile dans le ciel pourrait correspondre au soleil de quelqu’un » – dit tout. Elle nous invite à imaginer d’autres mondes possibles, d’autres formes de vie, mais aussi à reconnaître la solitude de notre petit point bleu.
Ce geste d’imagination culmina avec le disque d’or embarqué sur les sondes Voyager, cette bouteille à la mer cosmique partie dans l’espace il y a un demi-siècle, et que plus personne n’évoque vraiment.
Les sondes, pourtant, volent toujours. On croyait l’une d’elles perdue, jusqu’à ce que des ingénieurs réussissent à réactiver des propulseurs que l’on pensait morts depuis vingt ans. C’est un signe : la mémoire humaine est courte, mais certaines aventures continuent de briller dans l’ombre.
Reste la question qui hante : qu’avons-nous fait de notre propre soleil ? Nous possédons ce générateur inépuisable, cette source de vie capable de nourrir la Terre pour des millions d’années.
Et pourtant, nous détournons les yeux, prisonniers d’une course absurde : après les smartphones, les autoroutes, les écrans OLED, voici maintenant l’intelligence artificielle dans tout et n’importe quoi…
Jusqu’à ce que l’on découvre, comme l’écrivait Le Monde récemment, que ces IA dévorent tant d’énergie qu’elles pourraient, à elles seules, provoquer des pénuries d’électricité aux États-Unis.
Nous avons une étoile gratuite, inépuisable, et pourtant nous fabriquons des machines qui engloutissent l’énergie comme si elle était sans fin. À quoi bon tout cela, si nous ne savons pas préserver le simple miracle d’exister ?
agan nous rappelait que le cosmos n’a que faire de nos illusions. Un soleil ne garantit pas la vie : il éclaire, il brûle, il consume. La vraie question n’est donc pas tellement de savoir s’il existe d’autres soleils, mais si nous saurons, nous, être dignes du nôtre… et de la vie sur Terre.
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Jeroen van der Goot juin 2026
