de Saint-Hippolyte du Fort et d'ailleurs
L'hôpital royal St-Louis

La cité aux 40 fontaines – 11

L’hôpital St-Louis et ses fontaines.

À regarder l’étude de faisabilité de 1744, portant sur l’hôpital royal St-Louis, on comprend que la fontaine extérieure a été déplacée, non pas une fois mais deux.

Effectivement, le plan du rez-de-chaussée ci-dessous, montre que la fontaine extérieure se trouvait initialement juste à droite de son emplacement actuel [1] ; et non devant l’actuelle vitrine de Thym & Châtaigne, comme sur la photo ci-dessous qui jusque aujourd’hui passait pour un scoop. Quant à elle, la vitrine a été percée en 2000.

Les espaces F, T et V du plan correspondaient à des courettes. En T, était stocké le bois brûlé dans le four qui apparait dans la pièce G.

On note que l’avancée correspondant à la tour et au sas d’entrée de Thym & Châtaigne n’existe pas encore. En comparant la carte postale de 1900 avec la photo plus récente, on comprend que les modifications se sont faites en deux temps. La cour intérieure existe encore en 1900, alors qu’elle est recouverte d’une toiture-terrasse, sur la photo suivante.

Retour au plan de 1744. Nous notons qu’il y a un puits en V, dans une courette que les architectes suggéraient d’acquérir, au même titre que l’espace X, appartenant à un voisin.

Sur le plan, on voit très nettement la fontaine que nous pensions être à l’intérieur de l’hôpital. Elle se trouvait donc, en fait, dans la courette de service, de laquelle on accédait au bois (T), où celui-ci été livré et par où passait le conduit de fumée du four (G).

Côté source d’eau, on peut raisonnablement penser que la fontaine ait été initialement alimentée depuis celle du Puech de Mar, au même titre que celles de Croix-Haute et Mandiargues.

Ce n’est probablement que quand celle-ci s’est tarie, vers 1771 [2], qu’on l’a raccordée avec celle du Planas, en faisant passer le conduit en siphon [3] sous l’Argentesse.

Parallèlement, le « projet de construction d’une canalisation d’eau entre les fontaines de l’Argenterie et de l’Hôpital » porte la date de 1897. Ce qui voudrait dire que celle de l’hôpital aura été à sec pendant plus d’un siècle.

Cependant, à voir les nombreux passages en siphon sous l’Argentesse, on note qu’il est possible que la fontaine de l’hôpital ait, un temps, été alimentée par une canonnade passant par le Pradet, dont la fontaine daterait de 1772. Ceci expliquerait la structure qui, aujourd’hui encore, passe pour un gué.

Revenons-en au bâtiment. À voir la largeur des couloirs de l’hôpital, le manque de logique au niveau des enfilades, et les annotations des architectes suggérant le rachat d’espaces voisins (V et X ne sont pas encore intégrés dans le projet), on comprend qu’on a affaire à une réhabilitation lourde. En d’autres mots, qu’il y avait au préalable une bâtisse existante avec, potentiellement, déjà une, voire deux fontaines.

Il est difficile de penser aussi que les patients entraient par un espace aussi exigu où on serait en train de livrer des bûches. Ce qui semble indiquer que mes suppositions, précédemment énoncées [4], n’étaient pas aussi farfelues que cela.

Ceci voudrait dire qu’à l’origine, on entrait probablement dans la bâtisse par la rue de Croix-Haute, avec une entrée de service sur le quai de l’Argentesse ; si toutefois c’était déjà un hôpital au préalable.

Par conséquent, on peut penser d’au moins une des deux fontaines date d’avant ce projet de 1744.

Celle à l’intérieur pourrait dater de 1549, date à laquelle aurait été construite la première fontaine de Croix-Haute.

Quant à celle sur l’extérieur, elle date, à mon avis, de la création de la place de la couronne [4].

  1. Pour le comprendre, il faut aussi regarder le bâti émergeant en toiture.
  2. Date à laquelle on estime avoir déplacé, voire crée, une fontaine à Croix-Haute, en contrebas de l’actuelle place du 4 septembre. Hypothèse par rapport à laquelle j’émets des réserves, sachant que la place n’était pas encore vacante en 1812.
  3. Comme pour l’Agal, l’alimentation passe sous l’Argentesse en utilisant le principe des vases communicants.
  4. Voir mon article > Sur les traces du temple perdu.

Remerciements : Alban Lab pour m’avoir amené à écrire cet article bien avant l’heure.

Lieu de conservation des planches portant sur l’hôpital Domaine Départemental Pierresvives (34080)

Jeroen van der Goot mai 2024

A suivre …

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