de Saint-Hippolyte du Fort et d'ailleurs
Le quartier de Croix-Haute
St-Hippolyte du Fort : Le Plan en 1974

Le Plan cigalois, toute une histoire

Le Diable et le Bon Dieu

Le Plan Cigalois raconte comment l’Église catholique a, jadis, tenté de contraindre ses principaux contestataires.

L’histoire écrite n’ayant retenu que quelques bribes, on conte aujourd’hui celle du Plan en pointillés. Il est intéressant d’en imaginer la part de non-dit.

Pour comprendre la signification du Plan Cigalois, il faut se reporter au contexte général de l’époque.

Au 17ème siècle, le Languedoc, tout entier, est en ébullition contre l’Église catholique. Étant catholique, l’État envoie l’armée.

Vu que l’action ne pouvait pas se limiter à une simple expédition punitive, avant d’envoyer les troupes, il a fallu au préalable réfléchir à loger les soldats et leurs équipements. L’ensemble devant parallèlement s’inscrire dans un réseau de citadelles, permettant de contrôler tout le territoire passé aux mains des Fanatiques (1).

Parmi les implantations susceptibles à répondre au royal dessein, on retient St-Hippolyte. Non seulement la ville s’inscrit-elle dans une trame permettant un contrôle resserré du territoire, il y a là aussi de quoi mettre en place une mise en scène, particulièrement réussie, associant le pouvoir en place, la religion officielle et, bien sûr, les besoins des Dragons du roi.

Au moment du projet, il y a de fait, à St-Hippolyte, une structure urbaine existante. Celle-ci remonte au Moyen-âge, une époque qu’on a longtemps considérée avec mépris.

Dans cette trame, les architectes du 17ème siècle viennent inscrire un ensemble opposant la volonté de Dieu aux ânes égarés (2).

Les dispositions naturelles aidant, au-dessus des brebis galeuses de la ville basse, on inscrit une cité des dieux permettant de redresser les consciences à la dérive.

Afin d’assoir la lumière du Roi Soleil, on s’abstient d’effacer des noms suggestifs comme ceux que nous chérissons aujourd’hui.

  1. Cf. la mention surlignée dans le cartouche du plan Nolin (1703)
  2. Cf. Le Corbusier : « La rue courbe est le chemin des ânes, la rue droite le chemin des hommes. »

(A suivre)

janvier 2024 Jeroen van der Goot

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