de Saint-Hippolyte du Fort et d'ailleurs
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Lavandières en aval du moulin

Les moulins cigalois – II

Le Moulin Mirial.

Au sud du faubourg de Vidourle se trouvait le Moulin Mirial. Il y a trente ans, en labourant son champ, Louis Fize (1) butta sur quelques pierres qui le rappelle à la postérité. (2)

À l’origine, la traversée de nos rivières se faisait à gué, tant au droit du Vidourle que de l’Argentesse.

Au droit du Moulin Mirial, se trouvait un gué important, raccordant la Rue Basse et la route vers Monoblet-Anduze ; c’est-à-dire l’actuelle ruelle qui traverse le faubourg de Vidourle, la Route d’Alès n’existant pas encore.

Le réseau hydraulique du moulin contournant le point de passage du Vidourle, on peut estimer qu’il ait pu contribuer à la praticabilité du gué.

Étant donnée la faible section que nous avons vue dans Les mystères de l’Agal, face à cette supposition, on fait tout d’abord la moue, jusqu’au moment où on découvre l’Agal tel qu’à sa sortie du Moulin Lasalle (alias des Portes), où il est 6-7 fois plus ample qu’ailleurs.

(On comprend dès lors combien Jacques Pieyre (3) avait raison de se faire du souci. Il était effectivement seul à comprendre que l’architecte qui, en 1954 a redéfini l’Agal, était un peu un abruti.)

Ce qui est pour dire que le Moulin Mirial a pu véritablement dépoter. À sa sortie, on distingue d’ailleurs un détail (4) qui laisse supposer qu’il devait héberger plusieurs meules.

Si tel est le cas, ceci explique, en partie, pourquoi, sur d’anciens plans, on appelle ce tronçon du fleuve le ruisseau du Vidourle.

Aujourd’hui qu’il n’existe plus que la chaussée Mirial (5), on comprend que, en contrebas de ce seuil, il doit également y avoir une zone d’infiltration, due à la nature karstique du sous-sol (6).

Le béal avait donc pour mission d’aller chercher l’eau, là où elle est encore en surface.

En 1892, il est fait mention d’un Léonce Mirial (2). On conçoit cependant que, comme pour un Hôtel Conduzorgues, les noms changeaient généralement au même rythme que les propriétaires. Par conséquent, si le moulin porte aujourd’hui le nom de Mirial, on peut raisonnablement penser que cette lignée en ait été les derniers propriétaires.

Il est difficile de dater l’origine de ce type d’installation. Mais le fait que le nom de Mirial apparaisse également au droit d’une « villa », située à l’entrée de la rue Fondeville, interpelle.

Étant donnée l’architecture de la Villa Mirial qui héberge actuellement la Croix-Rouge, on comprend que ce n’est pas une « maison d’architecte ». Par conséquent, il est possible qu’il s’agisse des vestiges d’une exploitation agricole de l’époque romaine.

Si toutefois il y a un lien de propriété entre notre moulin et ladite villa, et que celui-ci s’est perpétré dans le temps, on peut penser que les deux établissements soient contemporains.

  1. Le père de feu Robert Fize.
  2. Marthe Moreau : Le Vidourle – ses villes, ses moulins et ses ponts (1992).
  3. Arrière-petit-fils dudit Baron Pieyre, Edmond, propriétaire des 3 moulins sur l’Agal. Au-delà de la couverture, les travaux de couverture de l’Agal ont également consisté à refaire l’ensemble du cuvelage.
  4. Planche 1693.
  5. Petit barrage renvoyant l’eau vers l’arrivée d’eau d’un moulin ou tannerie.
  6. Notre article Vidourle polymorphe.

Jeroen van der Goot mars 2024

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