de St-Hippolyte du Fort & du monde

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Le lieu-dit La Source (Route de Cros) vers 1900

Le couvert végétal

Changements – hypothèses et inquiétudes.

L’exploitation du bois explique certainement en grande partie les modifications survenues depuis la préhistoire. Notamment la pratique des coupes rases régulières.

Le dernier documentaire à propos du mammouth de Durfort* laisse penser qu’il y avait ici une population essentiellement composée de feuillus. Pendant des générations, ceux-ci ont été abattus et du fait de l’élevage des chèvres et brebis, notamment, cette végétation a a priori eu peine à repousser.

Parallèlement, nos moeurs ont évolué, notamment en matière de chauffage (Cf. charbonnières, notamment). Mais également au niveau de l’entretien des rives : végétation et renforts destinés à contrer l’érosion. Dito pour ce qui est des bancels.

Ce type d’impact sur la nature n’est pas nouveau. Il explique en grande partie le subit déclin d’une ville comme Babylone. C’est en partie cette histoire que relatent les tablettes sumériennes retraçant l’épopée de Gilgamesh.

En bref, pour la partie qui nous intéresse ici : on a coupé les arbres surplombant Babylone. Ce qui a eu pour effet de libérer les terres jusqu’à là retenues par les racines, puis les sels minéraux. Ces derniers ont été charriés jusqu’aux rivières et ont compromis l’agriculture dont l’eau d’irrigation est devenue saumâtre.

Ce qui explique que ce n’est qu’une végétation particulièrement résistante qui a pu remplacer les essences de feuillus, dans notre cas. Les différentes formes d’alluvions pourraient dès lors expliquer l’opulente végétation en bordure de Vidourle, actuellement.

Mais il y a certes un facteur temps à prendre en compte, sachant que ces évolutions ne se sont pas faites du jour au lendemain.

Il faut probablement aussi s’attarder sur le type de végétation qui pousse, ici et là le long du Vidourle, dont ces tomates qui mettent près d’une année à s’abimer.

Ce qui pourrait laisser penser que nous subissons peut-être aussi une forme de pollution, liée à de potentielles expérimentations en matière de chimie à usage agricole ou de génétique.

Les minéraux recherchés venant souvent avec du Plomb, on peut s’interroger sur les pratiques minières. Où sont passés ces métaux lourds ? Si c’est comme pour la Marne, ils sont potentiellement posés sur le lit du Vidourle ; ce qui fait qu’il convient de ne surtout pas les remuer.

Or, malgré nous, les vidourlades font malgré tout ce travail ; et c’est précisément cette eau que nous captons au Mas de Baumel et que nous buvons au quotidien. Bien entendu, il y a un lien direct entre les vidourlades et le couvert végétal.

D’où l’importance de rapidement analyser la qualité de l’eau du Vidourle mais aussi celle de nos sources. Un point qui figure au niveau des attentes du classement de nos fontaines publiques.

Quid aussi de la mention dans le PLU quant à la potentielle dangerosité des eaux du Vidourle (Cf. annexe réf. 7.1.e, datant de 1977) ?

Quid des modifications projetées au captage du Vidourle au Mas de Baumel (résurgence), qui figuraient au programme du troisième mandat de Bruno Olivieri, ancien maire de Saint-Hippolyte-du-Fort ?

Quid enfin de la conformité de notre centrale de traitements des eaux vannes et usées, déjà réputée pour être sous-dimensionnée au moment de sa mise en service ?

Ce d’autant plus que le directeur de l’ARS Occitanie a récemment perdu pied, en évoquant auprès de son comité de direction qu’il y a des polluants éternels (PFAS) « partout où on regarde ! ». Une affaire rapportée par le Canard enchaîné, puis assez rapidement étouffée.

Espérons qu’on puisse nuancer au niveau des différents polluants. Mais pour en avoir le coeur net, il ne faut pas rester les bras croisés, comme nous semblons l’être, depuis plus de cinquante ans.

Soit dit en passant, les déperditions d’eau de ville qui seraient de 28% ne sont que peccadilles.

L’eau peut venir de parfois très loin. Mais, ailleurs comme ici, on doit se poser les mêmes questions. Il est donc parallèlement important de véritablement se pencher sur des opérations telles que le milliard d’arbres d’Emmanuel Macron qui, d’après le documentaire passé sur France 5, puis rapidement retiré, sembleraient être plantés essentiellement dans les Cévennes.

De rapides recherches sur Internet permettent de comprendre que l’opérateur allemand EON – qui est a priori derrière cette opération qui semble être cautionnée par l’État français – aurait son principal siège régional à St-Hippolyte-du-Fort.

Toujours est-il que les témoignages ne manquent pas dans la région, confirmant qu’on rase des forêts diversifiées, pour sans amour aucun y planter des résineux.

Ce qui fait qu’on atteint rapidement le chiffre mentionné par le Président de la République française. Tout cela pour alimenter une centrale électrique soi-disant écologique qui, malgré les dégâts causés dans les Cévennes, importe 50% du bois brûlé du Brésil : celle de Gardanne (Bouche du Rhône).

La question de l’eau étant extrêmement vaste et sujette à amalgames, il s’agit ici d’une première approche à une réflexion que la plupart des gouvernements se refusent d’aborder tellement elle est tentaculaire et coûteuse – des milliards, selon Le Monde.

Ce qui en fait un sujet au moins aussi préoccupant que l’inquiétante évolution climatique. Pour comprendre combien nous pourrions être nous-mêmes touchés, il suffit de noter que St-Hippolyte-du-Fort et St-Laurent-le-Minier sont seuls à apparaitre sur une des pages du site de la préfecture du Gard. Il y a en tout cas une véritable omerta quant à la préoccupante concentration des cas de cancer, notamment autour de Tornac.

Du fait du sous-sol karstique, il faut s’inquiéter des migrations des polluants, sachant aussi qu’on a trouvé à Salindres (à côté d’Alès, d’où proviennent certaines des salades vendues à St-Hippo) le plus fort taux de PFAS jusqu’ici enregistré en France.

Ce n’est pas la porte à côté mais presque. Il suffirait d’une nappe phréatique commune pour que nous soyons connectés.

Jeroen van der Goot  2024

* Mammouth de Durfort : documentaire de presque trois heures, paru sur Arte ou France TV.

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