de Saint-Hippolyte du Fort et d'ailleurs
Fontaine de la Maison Dadre

La cité aux 40 fontaines – 8

La cité aux 70 fontaines ? Les égoutiers et sous-égoutiers.

Dans la mesure où l’objectif des fontaines à identifier vient de passer à 70, il est grand temps que j’évoque la question des égoutiers et sous-égoutiers. En d’autres mots, la question des points d’eau privatifs.

De la même manière que l’Agal [1] avait ses ayants-droits, le trop-plein de chacune des fontaines publiques a fait l’objet de transactions. Sachant qu’un habitant du côté du faubourg de Vidourle était disposé à financer la fontaine de Villaret [2] afin d’en obtenir une part d’égout, on comprend que les contrats portaient sur de fortes sommes.

L’illustration ci-dessus correspond à une photo colorisée, prise en 1968. Elle figure dans l’une des fiches d’inscription au registre des monuments historiques de ladite Maison Dadre.

Le fait que cette dernière ne soit pas encore esquissée sur le cadastre Napoléon (1812) indique que cet hôtel particulier, comme beaucoup d’autres, n’a été construit qu’au 19ème siècle. Ce qui est pour dire que la datation avancée sur la base de données Mérimée semble erronée.

Ce que nous pouvons retenir de ce constat, c’est que l’achat et le rachat des égouts a perduré au moins jusqu’au 19ème siècle. Ces pratiques remontant probablement au 15ème siècle, date à laquelle aurait été édifiée la fontaine du faubourg de l’église (1495).

Deux îlots semblent particulièrement riches en fontaines privatives. C’est celui où se trouve la Maison Bourguet et celui des principaux égoutiers de la fontaine de la Canourgue [3]. Ce ne sont toutefois là que les deux seules zones que j’ai commencé à esquisser.

Si nous venons de relever la barre, une nouvelle fois, c’est que nombre de maisons sont également dotées de fontaines intérieures, de bassins situés dans des cours, voire aussi de lavoirs. Les puits constituant un sujet à part entière, que nous traiterons séparément.

Note importante :

Le fond de plan utilisé est celui de 1812. Celui-ci a cependant été mis à jour par rapport à un plan de 1816, pour ce qui est de la propriété située à l’est de l’école libre.

Les noms qui apparaissent sont dans l’ensemble des noms d’usage. Ils sont donnés à titre indicatif mais ne sont pas nécessairement contemporains.

Ils définissent des emplacements plutôt que des bâtiments, sachant qu’une Maison Dadre, un Hôtel Conduzorgues ou encore une Maison Servel-Falguière n’existait pas encore en 1812. C’est à se demander également si la Maison Atal de Bousquet (alias Perrier) existait déjà, sachant que les monuments historiques la date, elle aussi, du 18ème siècle.

  1. Lire Les mystères de l’Agal.
  2. D’après certaines sources, la fontaine de Villaret a été une des dernières à avoir réalisée. Pour ma part, je la date pour l’instant à 1730. Elle est alimentée depuis le lieu-dit La Source, sur la route de Cros.
  3. La fontaine de la Canourgue daterait de 1774. Jusqu’à peu, elle était alimentée par l’eau de sources au Mas d’Icard.

Jeroen van der Goot avril 2024

(A suivre)

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