de Saint-Hippolyte du Fort et d'ailleurs
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L’inondabilité à St-Hippolyte

Inondabilité et inondations, du lard et du cochon.

À St-Hippolyte, l’inondabilité du bourg tient à au moins deux facteurs : les précipitations et les crues du Vidourle et de l’Argentesse.

Si on veut espérer remédier aux désordres occasionnés en cas d’épisode cévenol, il est nécessaire de dissocier les deux, autant que ce peut.

Du fait d’une méthodologie probablement imposée en haut lieu, les plans joints au Plan local d’urbanisme (PLU) ne font pas la nuance.

Rue Maurice Bertrand (1), par exemple, les riverains n’ont pourtant jamais vu le Vidourle monter de manière à immerger leur rue. La seule eau qui n’y ait jamais posée problème a toujours été celle descendant du Cengle.

Une limite des aléas modérés qui barre le Plan interpelle également. Comment est-il effectivement possible qu’il y ait de l’eau sur le Plan, alors que la rue Sous le Plan, située quelque 130 centimètres plus bas, est pour ainsi dire au sec ?

Si certains riverains y ont toutefois rapporté des dégâts des eaux, c’est essentiellement parce que leur rue a, pendant des années, bénéficié d’un simple tout venant, poreux par définition, et que les tonnes d’eau péniblement évacuées par les trop-pleins du Plan n’ont pas été canalisées vers la seule bouche prévue pour leur écoulement.

Si certaines personnes ont été touchées plus que d’autres, c’est que, avant sa requalification, le Plan ne disposait pas encore d’un réseau d’évacuation autre que celui assuré par les trop-pleins donnant sur la rue Sous le Plan.

Dans la mesure où la plupart de ces orifices étaient bouchés, certains habitants se sont vus confrontés à des masses d’eau qu’on peine à imaginer.

1 mm de pluie par mètre-carré représentant 1 litre d’eau par mètre-carré, ce n’est pas moins de 230 litres par mètre-carré de Plan, pour une pluie de 230 mm le temps d’un seul et même orage, pas pour autant classé épisode cévenol.

Au niveau du Plan dans son ensemble, sans compter les rues, cela revient tout de même à près de 700.000 litres soit, en poids, celui équivalent à trois avions Airbus A380.

Les dégâts provoqués sont d’autant plus graves que le sous-sol cigalois est, dans son ensemble, sujet à des gonflements-rétractations de l’argile. Ceux-ci expliquent que, au-delà des dégâts habituels liés à l’eau, il y a également des déformations structurelles.

À ce titre, les assureurs se défaussent en évoquant que nous ne sommes pas assurés contre les remontées capillaires. Ce qui fait que les personnes touchées n’ont aujourd’hui que leurs yeux pour pleurer.

Il est à noter que les victimes de ce genre de dégâts ne se cantonnent pas seulement à la rue Sous le Plan. Il y en a d’autres, parfois encore plus gravement touchées, alors que le Vidourle ne semble pas monter jusqu’à eux, comme par exemple le long de l’axe Capdeville.

C’est donc le système d’écoulement des eaux pluviales qui est discutable et, non tellement, les crues du Vidourle qui en sont la raison.

Comme je l’y invitais dans les Mystères de l’Agal (épisode V), nous devons probablement aussi nous poser la question de ce canal qui, de par son orientation, pourrait compromettre le bon écoulement des eaux de pluie du bourg.

Au niveau des Vidourlades, on peut se poser autant de questions, allant de l’impact des paissières (2) sur l’écoulement de l’eau, aux murs protégeant les berges – aujourd’hui de plus en plus en ruine.

Il faut enfin se poser la question de l’entretien des lits, du Vidourle mais aussi l’Argentesse, maintenant que les moutons ne sont plus là pour le faire naturellement.

Ceci est sans parler des forêts soumises, aujourd’hui encore, à des coupes rases, comme c’est a priori le cas de celles où l’Allemand E.ON fait remplacer nos châtaigniers, en bonne santé, par des résineux, au sein même de 4 zones pourtant classées Natura2000. Ceci afin de rendre possible le projet du milliard d’arbres voulus par l’administration Macron.

  1. Nouveau nom donné à la partie de la rue Capdeville, allant du pont de Planque à la tour St-Jean.
  2. Paissières, panssières, seuils ou chaussées : petits barrages canalisant l’eau des rivières vers les moulins hydrauliques.

Jeroen van der Goot  mars 2024

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